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Baal - de Volker Schlöndorff - 1970

Publié le par Z

Baal - de Volker Schlöndorff - 1970

Baal est un poète maudit. Alcoolique et laid, sa prose et son charisme lui amènent pourtant toutes les femmes à son lit. Fainéant assumé, il raille ceux qui travaillent quand lui vit de schnaps et de poésie. Ne respectant rien, même pas lui-même, suivez Baal durant 24 scènes illustrant sinon la vie, l'errance de Baal.

Pour le reste, l'interprétation de chacun restera le meilleur outil d'analyse, car Baal est tout sauf un personnage équivoque.

Adapté d'une pièce de Bertolt Brecht, Baal est un sacré coup de poing à la face. 24 scènes, 1h30 à suivre ce personnage plutôt laid, méchant, répugnant, mais dont la poésie est un régal sans fin.

Ce film étrange par son propos, ou plutôt son absence de véritable propos, presque une errance poétique, déroutera bien du monde. Cependant, ceux qui prennent plaisir aux films de Jodorowky (Fando y Lis en particulier), aux délires chaotiques d'Alexeï Guermann (ici et ), ou aux pérégrinations surréalistes de Kervern et Delépine dans Avida trouveront ici leur bonheur.

Car Baal est une claque, mais une claque existentialiste tout en poésie. L'originalité de la démarche à elle seule représentant un attrait certain. Le contraste entre la forme brute et sale et le verbe précis et magnifique de Baal en fait un personnage hors normes, attachant et repoussant.

S'il faut sévèrement cogiter pour trouver le brulot anti-guerre que Brecht a voulu écrire dans la pièce éponyme dont est adaptée le film de Schlöndorff, le message existentialiste est par contre très clair, intelligent et intelligible. La critique d'une bourgeoisie hypocrite, corrompue et ne respectant que ce qui est corruptible, est elle aussi limpide. Pour le reste, l'interprétation de chacun restera le meilleur outil d'analyse, car Baal est tout sauf un personnage équivoque.

Notons que le film, longtemps interdit pas les ayant-droit de Brecht, est sorti en salles en 2014.

IMDB

4/5

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