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La Poésie Sans Fin - d'Alejandro Jodorowsky - 2016

Publié le par Z

Après son enfance décrite dans la Danza de la Realidad, Alejandro Jodorowsky continue son œuvre autobiographique avec son adolescence et sa vie de jeune adulte au Chili, embrassant les arts et la poésie tout particulièrement.

La réalisation, l'enchainement des scènes, les dialogues comme le jeu d'acteurs sont pensés en premier lieu pour faire passer des émotions.

Il est toujours difficile de parler du cinéma de Jodo tant celui-ci est hors normes. Si tout ce que l'on voit à l'écran est véridique, de l'aveu de Jodo lui-même, le passage dans le filtre de son imagination sans borne donne un film resplendissant.

Le scénario ne vous apportera pas grand chose. Le jeune Alejandro se rebelle contre un père commerçant très strict qui veut lui faire faire médecine, alors que lui ne rêve que de poésie. Commence alors un belle série de rencontres qui lui permettront de trouver sa voie et de se réaliser jusqu'à son départ pour Paris, où il deviendra le grand Jodo.

En effet, même si le scénario ne manque pas d'enjeu, la réalisation, l'enchainement des scènes, les dialogues comme le jeu d'acteurs chez Jodo ne sont pas pensés en premier lieu pour faire avancer le scénario mais pour faire passer des émotions.

Et cela fonctionne ! L'optimisme de la jeunesse de Jodorowsky est contagieuse. Sa colère contre l'élection d'Ibanez et son régime totalitaire revigore. Sa naïveté face à sa première muse nous enchante.

Les idées braillantes de mise en scène se succèdent, comme ces affiches en noire et blanc qui reconstituent (à moindre frais) le quartier du commerce de son père. Et les apparitions du vieil Alejandro parlant à lui-même jeune sont autant de moment glorieux.

Ce que réussit Jodorowsky avec ce film est impressionnant. Reprenant le style de La Danza de la Realidad, sans en répéter les écueils (Pamela Flores, la mère, est impeccable dans La Poésie Sans Fin), Jodoroswky offre une œuvre maitrisée, mais belle et fascinante. On attend avec impatience la suite de ses aventures, à Paris avec le mime Marceau et Moebius.

Nouveau visionnage du film.

Au cinéma cette fois mais sans l'équipe du film. Cela m'a permis de rentrer totalement dans cette oeuvre enchanteresse. Jodo se donne le luxe de parler sans ironie aucune du sens de la vie avec une sincérité et une sagesse renversantes. Un film durant lequel les acteurs sourient à la vie, aux arts. Durant lequel ils se débattent face aux doutes et à la mort. Peut-être le film le plus vivant de l'histoire du cinéma. Note revue à 5/5.

IMDB

5/5

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