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Le Goût de la Cerise - d'Abbas Kiarostami - 1997

Publié le par Z

Le Goût de la Cerise - d'Abbas Kiarostami - 1997

En Iran, un homme erre dans sa voiture à la recherche d'un homme qui pourrait l'aider dans son suicide. Malgré un paiement promis plus que généreux et une population travaillant dur pour des salaires de misère, il est difficile de trouver un tel homme dans ce pays très musulman.

Le film est à l'image de son synopsis : terne, tristounet, chiant.

Il est vrai que le synopsis du film n'est pas ce qui se fait de plus accrocheur. Mais je vous rassure tout de suite, le film EST à l'image de son synopsis : terne, tristounet, chiant.

Commençons par les bons côtés, car cette Palme d'Or 1997 (!!) en possède heureusement quelques uns. Le point fort est évidemment l'évocation de l'Iran, sec et déprimé, et celle en miroir du conflit afghan grâce à deux personnages très touchants. Sauvons aussi les acteurs, tout à fait convaincants à défaut d'être intéressants. Le son ensuite est très intéressant et immersif, soulignons-le. Vraiment. Parce que ça y est, j'ai fini pour les bons côtés.

Pour les mauvais côtés, veuillez m'excuser si j'en oublie. Car la liste est malheureusement longue. Commençons par la réalisation. C'est vrai, on nous rabâche du Kiarostami comme s'il s'agissait d'un Kubrick, et patatras ! grosse blague, c'était pas vrai ! Si certains cadres sont très jolis, on a surtout ici une réalisation assez morne et terne qui, admettons-le, colle à son sujet. Mais quand une originalité passe à l'écran (l'ombre du personnage sur un éboulement de terre), Kiarostami multiplie la séquence jusqu'à l'absurde, jusqu'au vulgaire.

Là où l'on sombre dans le ridicule, c'est quand on s'intéresse aux dialogues. Il faut bien 30 (très longues) minutes avant que l'homme avoue qu'il prépare son suicide. Non qu'il veuille le taire, mais c'est le temps qu'il faut pour que quelqu'un le lui demande enfin. Car Kiarostami, pour faire durer le suspense de son film, fait durer ses dialogues en longueur jusqu'à l'ennui le plus complet. Là où les frères Coen n'auraient pas assez de matière pour faire une scène, lui fait un film. Alors forcément, on se fait chier.

De souffle, d'enjeu, de rythme, le film en manque cruellement. On attend patiemment, parce qu'on est poli, que l'écran redevienne noir. On se dit que Kiarostami aurait pu en faire un sympathique court-métrage. On réalise qu'une Palme d'Or a été décerné à ce film mortifère. Une palme grâce à laquelle la caricature du film d'auteur chiant à mourir a encore de beaux jours devant elle.

IMDB

1/5

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