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La Porte du Paradis - de Michael Cimino - 1980

Publié le par Z

1889. Dans le Wyoming commence la Guerre du Comté de Johnson opposant riches éleveurs et immigrés. Cette guerre culmine quand le Syndicat des éleveurs engage des hommes de main pour tuer 125 immigrants du comté. 20 ans plus tôt, James Averill et William Irvine sortaient fraichement de Harvard. Quand les immigrés organisent une résistance, James Averill est à leur tête. William Irvine est quant à lui membre du Syndicat.

On se demande si Cimino ne commande pas aux nuages.

 

La Porte du Paradis est une grande fresque portant la marque des plus grands.

Parlons mise en scène tout d'abord. Là, difficile de ne pas être radicalement soufflé par la beauté et la maitrise de chaque plan. Le nombre de figurants est impressionnant, et pourtant chaque détail semble chorégraphié pour créer une harmonie parfaite qui se dégage de chaque mouvement de caméra. La scène du bal de Harvard et les scènes de ville sont toutes des modèles du genre.

Cimino arrive même à rendre les paysages du Wyoming comme si l'on si trouvait. La sensation de grand espace aura rarement été aussi forte. La lumière semble tellement parfaite que l'on se demande si Cimino ne commande pas aux nuages.

Kris Kristofferson (Jimmy Averill) est parfait. Ce quasi-inconnu est à l'affiche entre Christopher Walken (impérial), John Hurt (touchant et juste), et Isabelle Huppert (d'une rare intensité). Notons que Mickey Rourke et le trop rare Brad Dourif sont également de la partie. Ce casting de rêve, sous la baguette de Cimino, offre une performance inoubliable. La complexité de chacun des personnages est admirablement rendu. Difficile alors de ne pas prendre parti pour les immigrés face à la vague dévastatrice provoquée par les éleveurs.

Car je n'ai pas encore évoqué le scénario. Admirable dans son écriture, piochant avec merveille dans les anecdotes de cette communauté pauvre, dépeignant avec brio le cynisme des grands financiers, futurs PDGs de McDonald et autres, le scénario de La Porte du Paradis est glaçant. D'autant plus qu'il s'agit d'une histoire vraie et que tous les personnages ont effectivement existé. Que Nate a effectivement écrit sa lettre.

Si tout un chacun pense (et à raison) à Voyage au Bout de l'Enfer quand il pense à Cimino, il ne faudrait pas que ce chef-d'oeuvre occulte La Porte du Paradis, autre chef d'oeuvre du réalisateur. Il va falloir que je m'attèle sérieusement à sa filmographie, moi...

Profitons enfin de cette chronique pour offrir une petite pensée à John Hurt, mort tout récemment.

IMDB

5/5

 

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