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Magnolia - de Paul Thomas Anderson - 1999

Publié le par Z

Un homme se meurt. Il veut parler à son fils qu'il n'a pas vu depuis des années. Son infirmier se démène pour rendre cela possible. Ce fils aujourd'hui coach en drague sort son livre "seduce and destroy". Une jeune femme cocaïnomane chasse son père de son appartement. Ce père, présentateur vedette d'une émission de quiz pour enfants, tient l'un des enfants les plus brillants de l'histoire de son émission. L'ancien enfant le plus brillant, aujourd'hui adulte, se fait poser un appareil dentaire pour draguer un serveur. Un policier célibataire rencontre la jeune cocaïnomane et s'en amourache. Et tout ce petit monde interfère sous une météo plus ou moins clémente.

Bref, des personnages et des thèses dessinés à la truelle.

 

Bel exploit que celui de confiner, en un seul film, autant de bribes de vie. Belle idée que de faire interférer tous ces destins par touches impressionnistes. Et grâce à ce procédé totalement maitrisé par Paul Thomas Anderson, il peut nous livrer sa vision de la mort, du couple et de l'amour filiale avec subtilité et sans pathos.

Non.

Attendez.

Je me trompe, c'est pas le bon film.

Ha oui ca y est, j'ai retrouvé.

Et grâce à ce procédé totalement maitrisé par Paul Thomas Anderson, il peut nous asséner sa vision de la mort, du couple et de l'amour filiale avec la subtilité d'un Donald Trump, nous noyant sans ménagement dans un pathos écoeurant.

Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. Magnolia n'est pas un navet. Il se laisse regarder presque sans déplaisir. Mieux, la première moitié du film annonce ce qui aurait pu être un chef-d'oeuvre. Les personnages sont tous bien campés et la maestria de la réalisation rend l'ensemble flamboyant. Seul le personnage de Tom Cruise est caricaturale. Sérieusement, M. Anderson : "Seduce and Destroy" !!?? Ce qu'on ne sait pas encore à mi-film, c'est que ce personnage est prophétique quant à la qualité de ce qui suit.

Car quand les éléments dramatiques se mettent en branle, tout part à vau-l'eau. Les personnages patiemment dépeints dans la première partie se délitent à grands renforts de larmes. Rarement j'aurai vu autant de personnages différents pleurer sur autant de plans. C'est même le seul jeu du pauvre Philip Seymour Hoffman. Un torrent dégueulasse de larmes.

Au bout de 3h00 qui vous paraitront bien longues (surtout la dernière, j'insiste), vous saurez que pour être heureux et bien entouré au crépuscule de votre vie, il ne faut pas tromper sa femme, ni violer sa fille (quand je vous parle de subtilité).

Je vous épargne ensuite la psychologie de bas étage : le dragueur destructeur qui pleure en fait sa mère et qui est en manque d'amour paternel, la fille autodestructrice qui couche avec des hommes plus vieux qu'elle car elle a été abusée par son père (je vous jure j'invente rien), etc., je ne voudrais pas vous gâcher les surprises. Bref, des personnages et des thèses dessinés à la truelle.

Avouons-le, Paul Thomas Anderson ne partait pas gagnant. J'avais déjà trouvé très mauvais There Will Be Blood et The Master. Déjà cette propension à la surenchère et des acteurs qui cabotinent. Si la première heure de Magnolia m'avait positivement surprise, la fin du film me confirme que Paul Thomas Anderson est largement surévalué (8/10 sur IMDB pour Magnolia !!).

Evidemment, trop peu nombreux sont ceux qui peuvent comparer la balourdise de Magnolia avec la subtilité de Departures, des Délices de Tokyo, ou de Shara, pour ne citer que des films chroniqués dernièrement sur ce site et qui abordent des thèmes similaires. Dommage pour eux...

IMDB

1/5

 

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