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Le Journal d'une Femme de Chambre - de Luis Bunuel - 1964

Publié le par Z

Célestine descend de Paris pour être femme de chambre en province. Le mari la désire aussitôt, la femme est frigide, le grand-père fétichiste. Et chez les domestiques, la méfiance est de mise. Au beau milieu de cet étrange bal, un drame couve.

Une alternative bien heureuse à une soirée télé-réalité.

 

Qu'il est sombre ce film ! Que l'image de l'homme est laide ! Dans cette demeure bourgeoise, Bunuel (ou Octave Mirbeau dont le livre est adapté) dépeint les travers d'une humanité malade rongée par ses démons intérieurs. Des plus innocents aux plus fatals.

D'une façon étrange, et sans le moindre érotisme, époque pré-68 exige, Bunuel arrive à installer dans son film une tension sexuelle de tous les instants. Chaque homme est un prédateur dont Célestine (Jeanne Moreau) se joue avec plus ou moins de confiance.

Quant à la bourgeoise, elle est frigide et manipulatrice. Peut-être n'est-elle pas si loin du personnage de Jeanne Moreau, plus parisienne que jamais, capable de souffler le chaud et le froid d'un même regard.

Seules les domestiques femmes, en bas de l'échelle, sont présentées comme des victimes. Elles n'ont aucune prédation possible, elles se font forcément "manger".

Tous ces personnages sont campés par des acteurs plus que convaincants. Jeanne Moreau excelle, et Michel Piccoli essaie son manteau de pauvre type qu'il portera l'année suivante dans Compartiment Tueurs de Costa-Gavras avec autant de talent.

Pour se remonter le moral, soit on se délecte à voir pire que soit, alors ce Journal d'une Femme de Chambre est une alternative bien heureuse à une soirée télé-réalité, soit on préfère voir quelque chose de joyeux, et l'on se gardera le film au chaud pour une autre fois.

IMDB

3/5

 

 

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