Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Phantom Thread - de Paul Thomas Anderson - 2017

Publié le par Z

Milieu vingtième à Londres. Le célèbre couturier Reynolds Woodcock, se sépare de sa compagne actuelle dont il s'est lassé, comme d'habitude par le biais de sa sœur. Il rencontre bien vite Alma, fille de la campagne. Elle débarque dans ce nouveau milieu très codé, amante d'une couturier extrêmement exigeant, et sous le regard de sa sœur omniprésente. Amoureuse de Reynolds, elle ne veut pas être une aventure éphémère de plus.

Enfin, Paul Thomas Anderson a su touché ma corde sensible.

 

Haaaaaa, Paul Thomas Anderson... J'avais exécré son There Will Be Blood, sorte de Citizen Kane du pauvre. J'avais détesté le naufrage de son Magnolia, emportant ses personnages dans un tourbillon de pathos ridicule. J'avais abhorré son The Master, coquille vide prétentieuse et extrêmement mal jouée.

Alors pourquoi aller voir Phantom Thread ? Pas par masochisme. Pas pour le plaisir pervers de détruire ensuite un film salué par le plus grand nombre. Mais uniquement sur le conseil unanime des critiques ô combien enthousiastesdu Masque et la Plume. (Car je suis influençable.) Et je les en remercie.

Enfin, Paul Thomas Anderson a su touché ma corde sensible. En s'attaquant à une histoire intimiste. En s'attaquant à un scénario vu et revu. En faisant, sinon plus simple, plus humble.

Car Phantom Thread est un film virtuose qui ne le montre pas. L'antithèse de There Will Be Blood et The Master. Soulignons ici la photo du film. Les couleurs sont superbes. Le travail sur les textures (des vêtements surtout) est passionnant.

Et pour la première fois dans un Paul Thomas Anderson, les acteurs sont formidables. Daniel Day-Lewis joue de façon très juste. Lesley Manville (qui joue sa sœur) arrive à insuffler le doute et le malaise avec quelques regards. Enfin, la jeune Vicky Krieps (Alma) est exceptionnelle. Elle crève littéralement l'écran. Capable d'être sérieuse, vexée, colérique, gênée, amoureuse, décontenancée, concentrée, patiente, et tout cela presque dans une seule scène, et cela sans jamais trop en faire. Son jeu relève de l'orfèvrerie.

Il faut dire aussi deux mots du scénario, sans rien gâcher bien évidemment. Phantom Thread s’attèle à une histoire ultra classique. Le vieux et riche couturier plein de certitudes s'amourache d'une jeune femme moins éduquée mais plus naturelle... Pourtant, Paul Thomas Anderson arrive à introduire de l'originalité dans tout cela. Par petites touches impressionnistes, il nous amène à un superbe final. Saluons particulièrement la dernière scène de repas, grandiose.

Excellent, Phantom Thread ne touche cependant pas au chef-d’œuvre. En effet, je n'ai pas été transporté. Toujours difficile de dire pourquoi. Mais une belle image, bien réalisée, racontant une histoire passionnante et excellemment bien jouée. Difficile de faire plus !

IMDB

4/5

 

Commenter cet article

alice in oliver 10/04/2018 15:00

A priori, selon les échos en salles, ce serait en effet un très bon cru de Paul Thomas Anderson, un réalisateur que j'affectionne personnellement !

Z 13/04/2018 13:53

C'est pas dur : il y a celui-là d'un côté, et les autres. A ne pas manquer, d'autant plus si tu aimes déjà PTA !