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The House That Jack Built - de Lars Von Trier - 2018

Publié le par Z

Jack est un ingénieur qui se rêvait architecte. Lors de son cheminement (vers où ?), Jack raconte (à qui ?) 5 "incidents" parmi plusieurs qui ont rythmé sa vie. Jack est un tueur en série. Chaque incident est un meurtre.

Un film dont le sous-titre pourrait être The House That Lars Built.

 

Amoureux de Lars Von Trier, vous arrivez ici en terrain balisé. The House That Jack Built est un mélange entre Antichrist, pour la violence et les thèmes, et Nymphomaniac pour la construction du récit.

En effet, la construction en 5 chapitres entre-coupés de dialogues digressifs est ici reprise. Comme dans Nymphomaniac, Lars Von Trier s'amuse à aborder tantôt des sujets très graves, tantôt des sujets légers. A la différence de son film précédent où les points de vue étaient raisonnés, celui de Jack est parfois assez... inédit. Son interlocuteur campant la sagesse.

On sent que Lars Von Trier s'est abondamment documenté sur les tueurs en série, car on retrouve de nombreux traits de tueurs connus dans Jack. Amateurs, je vous conseille l'excellent site www.tueursenserie.org sur le sujet. Et comme dans Nymphomaniac, il s'est aussi documenté sur moult sujets qui viennent enrichir doctement les digressions successives. Une délectation.

Cependant attention, ce film n'est pas à mettre devant tous les yeux. C'est sans aucun doute le film le plus violent de Lars Von Trier. Certaines scènes sont difficiles, même pour moi. Rien n'est épargné au téléspectateur, et chaque meurtre est filmé dans toute sa "splendeur" (point de vue de Jack...).

The House That Jack Built souffre meut-être un peu de son propos, somme toute assez vain. Le film tend clairement et délibérément me semble-t-il, vers la bisserie. Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : il s'agit de la meilleure qui soit. Après Antichrist, Lars Van Trier nous montre qu'il est l'un des meilleurs cinéastes d'horreur en activité.

Concernant la réalisation, Lars Von Trier est un maitre incontestable, mais rien de nouveau sous le soleil. Filmé majoritairement caméra à l'épaule, Lars Von Trier nous offre quelques plans quasi-fixes (comme dans Melancholia) d'une beauté renversante. Notons enfin l'utilisation récurrente de la musique de Bowie, qu'il avait déjà utilisée dans Breaking the Waves.

Pour la petite histoire, The House That Jack Built est aussi une comptine anglaise, sous forme d'accumulations. Un peu comme les œuvres de Jack... et de Lars. Une digression sur l'art fait d'ailleurs appel à de nombreuses scènes de ses films précédents.

Vous l'aurez compris, Lars Van Trier semble faire, avec The House That Jack Built, une synthèse de l'ensemble de son œuvre. Un film dont le sous-titre pourrait être The House That Lars Built. Une des plus belles maisons de l'histoire du cinéma.

Film vu dans le cadre du festival Fifigrot 2018, et recommandé à tous ceux qui ont le cœur bien accroché.

IMDB

4/5

Commenter cet article

alice in oliver 24/09/2018 10:11

toujours pas vu mais l'auteur Cinemadreamer l'avait chroniqué chez moi. A priori, Lars Von Trier reste fidèle à sa réputation sulfureuse. Bien envie de le découvrir celui là

Z 24/09/2018 12:58

Oui j'ai prévu de lire sa critique maintenant que je l'ai vu. Mais de toutes façons, tout Lars Von Trier est toujours bon à voir :)