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Fenêtre sur Cour - d'Alfred Hitchcock - 1954

Publié le par Z

Jeff, grand reporter, est immobilisé chez lui, dans son fauteuil avec sa jambe dans le plâtre. Seuls rythment ses journées les visites de son infirmière et celles de sa compagne, superbe mannequin plus habituée aux salons qu'aux crapahutages. Le reste du temps, Jeff se passionne à regarder ses voisins. Or une voisine d'en face disparait mystérieusement, et Jeff commence à soupçonner son mari.

Je parlerais plutôt d'élégance.

 

S'il sortait aujourd'hui, les jeunes diraient de Fenêtre sur Cour qu'il est frais. Pour ma part, je parlerais plutôt d'élégance.

Élégance dans son scénario tout d'abord : le doute quant à la réalité de ce meurtre est constant, accrochant le spectateur à l'intrigue, prisonnier lui aussi de ce fauteuil n'offrant que de lointains points de vue, interdit comme Jeff de voir à travers le volet baissé.

Élégance dans sa mise en scène ensuite. Les mouvements de caméra se mouvant d'un appartement à un autre, parfois exposant plusieurs voisins simultanément, offrent une musicalité aux scènes de voisinage. Et parfois, plan fixe, une lueur de cigarette dans la pénombre, angoisse montante.

Élégance dans les dialogues, avec ce couple si mal assorti et Jeff (James Stewart) repoussant sans cesse sa mannequin de Lisa (Grace Kelly), persuadé que leurs modes de vie sont incompatibles. Cet ami enquêteur raillant avec brio la théorie de Jeff, ménageant ses effets. Et cette infirmière pleine d'humour et de bon sens.

Élégance enfin de ce couple d'acteur. D'après l'Ifop, James Stewart et Grace Kelly totaliseraient à eux deux plus de 2 000 000 de cœurs brisés.

Fenêtre sur Cour, quelle fraicheur !

IMDB

4/5

Commenter cet article

alice in oliver 05/02/2019 19:32

exactement, tout comme toi, je pense qu'Hitchcock avait déjà décrypté les futures tares de notre société consumériste, même si je te rejoins sur le rôle primordiale de la rue, mais aussi de cette fenêtre qui agit un peu, à mon sens, comme une nouvelle variation de l'allégorie de la caverne

alice in oliver 04/02/2019 09:48

oui mais c'est aussi la rue et cette vue plongeante sur le voisinage qui active ce même comportement chez le perso principal

Z 04/02/2019 10:52

Il y a d'ailleurs un passage où une voisine reproche à tous ses voisins que tous cohabitent mais ne se parlent pas et ne s'entraident pas. On a une première critique de ce qui deviendra les grands espaces.

alice in oliver 02/02/2019 10:27

sans doute le film pionnier qui préfigure la première tare du consumérisme, à savoir ce voyeurisme maladif, un vrai classique hitchcockien mais pas mon préféré du maître du suspense

Z 02/02/2019 10:43

Il me semble que le film est plus psychologique que sociétal. Il existe une part (plus ou moins) sombre en chacun de nous, que nous cachons derrière nos fenêtres. Pour ma part le personnage fondateur du film n'est pas James Stewart, mais bien la Rue elle-même.

Je te rejoins sur le fait que Hitchcock aura fait mieux. La Mort aux Trousses ou Vertigo notamment.