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Frissons - de David Cronenberg - 1975

Publié le par Z

La Starline Tower est un complexe immobilier tout aménagé sur une petit île à l'écart de Montréal. Un jeune couple s'y installe. Mais pendant ce temps-là, un vieil homme éventre une jeune femme, lui brûle les entrailles à l'acide avant de se trancher la gorge.

Cronenberg signe une scène choc qui est [...] l'ouverture [...] d'une carrière parmi les plus intéressantes de l'histoire du cinéma.

 

Avec cette scène d'ouverture, Cronenberg signe une scène choc qui est non seulement l'ouverture d'un grand film, mais celle d'une carrière parmi les plus intéressantes de l'histoire du cinéma. Quand il fait Frissons, Cronenberg est jeune et ose tout. Ce sera presque une marque de fabrique de son art, le traitement de situations inédites, à la manière d'un Philip K. Dick.

Le thème que l'on retrouve sur toute sa filmographie (excepté ses derniers films) est celui du corps, et en particulier de la transformation du corps (qui a vu La Mouche n'a jamais pu l'oublier). C'est déjà le cas ici où un virus peu ragoutant modifie les organes et les comportements humains. Décuplant l'appétit sexuel.

Pour un premier film, Frissons est vertigineux de maitrise tant dans la mise en scène que dans l'écriture. Une multitude de personnages se croisent dans la résidence, et l'on saute d'un personnage à l'autre avec fluidité et naturel. Même le personnage de Betts campé par la merveilleuse Barbare Steele est etoffé en seulement quelques scènes presque anecdotiques.

Ici des parasites peu avenants, là un éventrement. Pourtant jamais l'on ne sombre dans le gore gratuit. Cronenberg arrive à rester sérieux malgré un sujet qui aurait pu basculer dans le grand-guignol comme dans le potache. Et c'est là la force de son film.

En traitant son sujet avec un aplomb absolu, Cronenberg nous y fait croire. A vous de voir si cette épidémie vous tente. Pour ma part, je la recommande très chaudement à vous tous. En plus d'une très bonne porte d'entrée dans le cinéma, cela illustre assez bien l'intérêt de la distanciation sociale.

IMDB

4/5 -- Estampillé Film de Z pour son thème... original.

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alice in oliver 23/04/2020 14:14

En effet, qui aurait songé que ce genre de film, en forme de parabole, prendrait tout son sens aujourd'hui ? Un excellent cru de Cronenberg

Z 23/04/2020 14:51

Tout à fait. Et l'on peut enchainer avec Rage. Son second film, et encore une histoire d'épidémie !