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Vivarium - de Lorcan Finnegan - 2019

Publié le par Z

Tom et Gemma forment un jeune couple qui cherche à acheter une maison. Ils tombent sur Martin, un agent immobilier quelque peu étrange qui les emmène dans un lotissement hyper standardisé. Quand Martin disparait, Tom et Gemma n'arrivent pas à quitter le lotissement. Ils doivent passer la nuit dans la maison visitée. Le premier matin, ils recoivent un premier carton avec à manger. Dans le deuxième carton, il y a un bébé.

Lovecraft frappe [...] à la porte de ce lotissement à la géométrie non euclidienne.

 

Inconnu au bataillon, Lorcan Finnegan frappe très fort avec son second film, Vivarium. Une histoire tout droit sortie d'un épisode de la Quatrième Dimension. il arrive à faire monter la pression jusqu'à des niveaux rarement atteints avec une économie de moyens qui impose le respect.

Si comme moi vous aimez ne pas trop en savoir avant de voir un film, je vous invite à me faire confiance, voir ce film disponible à la VOD, et de ne lire la suite de cette chronique qu'ensuite. S'il vous faut plus d'arguments, les voici...

Grâce à ce lotissement labyrinthique ou se passe l'action, qui sent bon The Truman Show, Finnegan instaure une sensation de claustrophobie en milieu ouvert qui n'est pas sans rappeler l'illustre Dark City. D'autant que Martin pourrait passer pour un de ces "étrangers" du film d'Alex Proyas.

Il semble que Finnegan ait quelques comptes à régler avec les agents immobiliers et autres animaux à cravates. En les associant à des lotissements maléfiques, il en dit long sur son rejet d'une société standardisée et de vies dont le seul but serait d'être sagement vécues derrière un bureau.

Mais trêve d'interprétation, car là n'est pas le plus important. Ce qui frappe le plus dans Vivarium est cette capacité très rare à pondre un film Lovecraftien sans en avoir l'air en revenant à l'essentiel de l’œuvre de l'écrivain : l'horreur indicible.

Car le film épargnant tout effet sanglant, il faut chercher ailleurs la tension, voire l'horreur qui s'en dégage. Finnegan prend son temps pour installer son ambiance. L'écriture sans faille des personnages et de leurs réactions permet de croire à cette histoire invraisemblable et de s'identifier terriblement au jeune couple.

Puis il les fait sombrer dans la folie. La vraie. Celle qui vous ôte votre humanité. Le temps de quelques plans très rapides, Finnegan nous montre un peu de l'horreur qui frappe. Mais il a l'intelligence (ou le manque de moyens ?) de cacher presque tout. De nous laisser tout à notre imagination. Car l'horreur indicible est aussi trop abjecte pour être montrée. Nos imaginations trop riches se chargent du reste.

Lovecraft frappe encore ici à la porte de ce lotissement à la géométrie non euclidienne, et les Grands Anciens ne sont pas loin. Les Chiens de Tindalos non plus. Si Richard Stanley adaptait dernièrement The Color Out of Space, du même Lovecraft, avec des effets visuels hallucinants et des effets cauchemardesques, Finnegan attaque Lovecraft par l'autre bout. Et je suis bien heureux de vous annoncer que les deux approches sont des réussites !

Voici un film conseillé à quiconque aime Lovecraft, Dark City, se faire un peu peur, et qui n'aime pas trop les gosses.

Wouf wouf wouf !

IMDB

4/5 - Estampillé Film de Z pour son ambiance lovecraftienne et son lotissement non euclidien.

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alice in oliver 12/07/2020 22:58

un film d'épouvante/fantastique assez sympa et original qui n'est pas sans rappeler (non plus) la série la 4e dimension

Z 30/08/2020 20:52

J'ai trouvé l'ambiance plus réussie que cela, et les très peu nombreux moments d'épouvante réalisés avec brio. J'ai physiquement eu le poil qui s'est hérissé !