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Thérèse - d'Alain Cavalier - 1986

Publié le par Z

Pressée de rentrer dans les ordres, Thérèse va jusqu'à faire un pèlerinage à Rome pour demander au Pape l'autorisation de rejoindre le carmel de Lisieux à l'âge de 15 ans. Carmel où sont déjà présentes ses 2 grandes sœurs. Elle y vivra une vie brève dans la foi et l'amour du Christ dans chaque petit geste de la vie.

Et de ces moments anodins et répétitifs naît une émotion inattendue.

 

Nouveau mois, nouveau thème, la Cinetek nous propose ce mois-ci le huis-clos. Et c'est Thérèse, qui se passe quasi-exclusivement dans un monastère, qui aura retenu mon attention. Alain Cavalier est un auteur du minimalisme, voire de l'austérité. Cependant, j'avais pu voir le début de Libera Me il y a une vingtaine d'années. Je n'ai jamais pu retrouver le film, mais son souvenir est resté intact. Thérèse utilise des procédés similaires

Plans fixes, fondus noirs rapides, scénettes parfois courtes et sans liens apparents. Alain Cavalier construit son film par petites touches impressionnistes. Les décors sont limités au strict minimum : quelques meubles, un fond noir. On est presque sur une scène de théâtre. Et ça marche !

Car de prime abord, la vie de la Sainte Thérèse de Lisieux n'est pas franchement ma tasse de thé. Cette religieuse qui a inventé la foi absolue dans chaque geste du quotidien ne m'était même pas connue. Or cette vie, si elle n'est pas passionnante (loin de là) s'avère ici fascinante.

En filmant ces religieuses avec minimalisme, Cavalier s'accorde avec son sujet, avec la vie austère de ces femmes. Et de ces moments anodins et répétitifs naît une émotion inattendue. Et que je suspecte Alain Cavalier lui-même de n'avoir pas prévue.

Quant à Catherine Mouchet qui incarne Thérèse de Lisieux, elle crève littéralement l'écran. Omniprésente, elle porte le film sur ses jeunes épaules et dégage une innocence désarmante. Sa prestation lui vaudra un César largement mérité de meilleur espoir féminin.

Il est compliqué d'expliquer ce qui dans ce film vous fascine autant. Mais il est clair qu'Alain Cavalier touche ici une rare grâce. J'en serais presque à me planifier un pèlerinage à Lisieux. Presque. Hautement recommandé à quiconque n'est pas rebuté par une mise en scène minimaliste.

IMDB

4/5

Une chronique à retrouver sur planete-cinephile

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dasola 13/05/2021 21:25

Bonsoir, très beau film grâce surtout à la présence de Catherine Mouchet qui est extraordinaire. C'est le rôle dont on retiendra en ce qui la concerne. Bonne soirée.