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The French Dispatch - de Wes Anderson - 2021

Publié le par Z

Le rédacteur en chef du French Dispatch, petit journal américain basé en France, vient de mourir. L'histoire du journal est alors raconté via 5 articles marquants du journal et autant de saynètes indépendantes.

Et c'est la nausée.

 

Ce n'est pas exagéré de dire que Wes Anderson a mis le paquet sur ce coup-là : Benicio del Toro, Adrien Brody, Tilda Swinton, Léa Seydoux, Frances McDormand, Timothée Chalamet, Bill Murray, Owen Wilson, Mathieu Amalric, etc. La liste donne le vertige. Mais cette accumulation d'acteurs et d'actrices dans l'ensemble brillant.e.s, pour quoi faire ?...

Pour faire du Wes Anderson. Ce réalisateur a une patte bien à lui, comme un Tim Burton, un Dario Argento, il colore ses films avec une palette propre. Sauf que dans The French Dispatch, il a décidé de tout balancer : tout son talent, tout son savoir-faire. Chaque plan est un plan "à la Wes Anderson", travaillé jusqu'à l'extrême -- y compris pour faire des effets spéciaux rétro.

Et c'est la nausée. La caricature. Le naufrage d'un réalisateur talentueux. Sa filmographie hésite entre le sympathique (The Darjeeling Limited, The Grand Budapest Hotel) et l'excellent (Fantastic Mr. Fox, Moonrise Kingdom). Jusqu'à ce dernier film. Ici, Wes Anderson joue avec ses acteurs comme avec des Playmobil. Il les place, stoïques, dans des plans fixes, alors qu'une voix off nous explique ce que les images peinent à nous montrer. Ce que les acteurs, pauvres statues immobiles, ne peuvent nous transmettre.

La question qui me taraude est pourquoi Wes Anderson a-t-il pris des acteurs aussi connus pour les sous-employer ? On devrais-je dire pour les non-employer ? Il aurait été artistiquement plus intéressant qu'il place des statues à la place des acteurs. Le défi aurait peut-être mené à un film meilleur. Au lieu de cela, l'absence de jeu d'acteur et les plans fixes donnent l'impression d'être cloués devant des vitrines de Noël. Aucune émotion ne transparaitra jamais du film.

Ce qui transparait, en plus d'un échec artistique, est un snobisme insupportable. Le moindre portier doit être un Edward Norton, le moindre convive un Hippolyte Girardot (so chic !), le moindre prisonnier un Willem Dafoe. Même les plans de 2 secondes sont truffés de caméo. Anderson ne peut pas s'empêcher de nous montrer la foultitude de son carnet d'adresse.

J'avais écrit à propos de The Grand Budapest Hotel, "Wes Anderson réalisera surement un chef-d’œuvre quand il filmera un peu plus avec ses tripes et moins avec sa tête". Je crois qu'il a pris la mauvaise direction...

Je recommande ce film à tous ceux capables de s'émerveiller pendant 1h47 devant un enfant qui joue aux Playmobil. Pour l'anecdote, j'ai dû re-vérifier en écrivant cette chronique : j'étais persuadé que le film durait environ 2h30.

IMDB

1/5

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